JOURNAL LE SOLEIL

FACES CACHÉES DE L’ISLAM À QUÉBEC (Le Soleil, 5 février 2014)

L’article de François Bourque du 30 janvier 2014, Niqab à Québec: la face cachée d’un procès, a un grand mérite, celui de révéler aux yeux de tous le fait que la liberté d’expression d’un journaliste honnête peut aussi, à Québec, et non pas uniquement en Égypte, en Tunisie ou au Maroc, être entravée par une poursuite devant justice.  Le cas de Djemila Benhabib, écrivaine et journaliste connue, qui fait l’objet d’une poursuite devant les tribunaux pour avoir critiqué le fonctionnement d’une école religieuse musulmane subventionnée à même des fonds publics, est un équivalent montréalais.

La question se pose de savoir s’il s’agit d’un cas isolé, l’article de François Bourque n’ouvrant aucune fenêtre sur cette question. Le fait d’une poursuite devant les tribunaux semble être unique ici à Québec, et nouveau.

Par contre, d’autres gestes ou faits surprenants, liés à l’application radicale de principes religieux ou à une forme d’intégrisme ont déjà été rapportés ici à Québec. Il suffit de se référer au cas d’un étudiant de l’université Laval, Ahmed Abassi, arrêté en 2013 aux États-Unis par le FBI pour participation à un complot terroriste.

Dans le cadre des activités d’une mosquée abritée dans les locaux de l’Université Laval à Québec, plusieurs sources parlent de ségrégation entre hommes et femmes dans le cadre de conférences où des imams étrangers ont été invités à titre de conférenciers. Passons sous silence les valeurs archaïques et obscurantistes qui auraient été, selon certains, véhiculées lors de ces rencontres.

Dans la vie quotidienne de tous, évoquons une nouvelle réalité de Québec: celle de femmes musulmanes qui, se présentant à des salons de coiffure mixtes, exigent qu’aucun homme, même coiffeur masculin, ne soit présent pendant qu’elles recevront leur traitement. Ou encore qu’une porte entièrement vitrée ne soit rendue aveugle en leur présence. Doit-on maintenant parler de sexisme à l’endroit des hommes ?

Comment replacer ces faits dans le contexte de l’immigration ici à Québec et de ses origines ? Difficile de faire cet exercice, les données objectives n’étant pas disponibles. Chose certaine, depuis 2006, s’est ajoutée au Maroc et à l’Algérie une nouvelle provenance maghrébine importante, celle de la Tunisie.

Que penser de ce cumul de faits rapportés ici et là sur le territoire de la ville de Québec ? Une évidence semble se dessiner: le territoire de la capitale nationale n’échappera plus au choc, d’une part, des valeurs démocratiques et citoyennes et, d’autre part, d’un islam déshumanisé s’appuyant sur une interprétation outrancière et dépassée de ses propres origines historiques.

JUSQU’OÙ ? (Le Soleil, 13 février 2014)

La décision de responsables des loisirs de la ville de Québec d’autoriser le port du «burkini», sorte de maillot intégral pour les femmes, dans des piscines de la ville de Québec a de quoi inquiéter les citoyens. Même si, à première vue, ce geste semble anodin, il ne l’est pas. En effet, les gestionnaires de la Ville ont-ils compris l’engrenage dans lequel cette exception risque de les amener ? Aujourd’hui le port d’un vêtement particulier à la religion musulmane… Qu’en sera-t-il demain d’autres demandes dans le même sens ?

Si on se fie aux expériences vécues ailleurs au Québec, la ronde insensée des accommodements déraisonnables ne fait que commencer dans la capitale nationale. Et la suite est facile à deviner. Demain, aux piscines, on demandera probablement des plages horaires réservées à des minorités culturelles faisant valoir les exigences de leur religion?

Interrogée par Mario Dumont le 9 janvier 2013 sur une question de plages horaires exclusives demandées par des leaders religieux à Montréal, madame Julie Miville-Deschênes, présidente du Conseil du statut de la femme, avait demandé aux décideurs «de ne pas accepter ce type d’accommodements religieux dans une piscine publique».

La question est la suivante: jusqu’où iront les gestionnaires de la ville de Québec dans une telle éventualité ?  Mais surtout, comment ne peuvent-ils pas être conscients des dangers qui jalonnent le chemin périlleux sur lequel ils viennent de s’engager ?